
(Voir l'article de Wikipedia, où il est dit qu'Aristote est à l'origine des cartes heuristiques)
L'heuristique, c'est l'art d'inventer, de faire des découvertes (Littré). La carte heuristique porte aussi le nom de carte des idées, carte conceptuelle, carte mentale, ou arbre à idées. C'est un schéma qui représente les liens qu'il peut y avoir entre différentes idées, entre différents concepts intellectuels. A la base, il s'agit d'une représentation principalement arborescente des données, basée sur les mêmes principes que les organigrammes. Mais si les liens sont souvent hiérarchiques, ils peuvent être tout autres : une idée en appelle une autre, parallèle, complémentaire, comme ce que l'on trouve dans certains livres ou sites.
Cette façon de procéder, une idée en appelle une autre, se répend sur le web, et que ce soit la navigation à l'intérieur d'un site, ou entre les sites, de lien en lien, on voit de plus en plus ce type de pratique. On ne lit pas un site comme livre, avec des chapitres qui se suivent suivant une cohérence logique dans un esprit de hiérarchie des connaissances ou de récit linéaire. Et c'est peut-être pour cela que le web donne une nouvelle jeunesse à cet outil qu'est la carte heuristique.
Comme sur une véritable carte géographique, on prend un chemin et on l'explore, tournant à droite si cela nous intéresse ou à gauche si le paysage nous semble plus beau. Le principe est qu'à partir d'une idée, on a le choix entre deux ou plusieurs pistes : on en choisit une et on avance. A l'intersection suivante on choisit de nouveau, et ainsi de suite. Si on se perd dans des idées que l'on n'avait pas prévues, ou trop complexes, ou qui ne nous intéressent pas, on revient en arrière pour prendre une autre piste. On est bien là dans l'art de faire des découvertes cher à Littré, et c'est pour moi un intérêt essentiel dans le mindmap, sinon autant garder un tableau vertical bien hiérarchisé : 1, puis 1.1, puis 1.1.1, etc... et quand on arrive au bout à 9.9.9, on ne sait plus de quoi ça parlait au début (disons qu'on n'a plus le plan de l'analyse dans la tête, et que le plan est un des éléments fondamentaux de la compréhension d'un texte). Ce n'est pas le cas avec les mindmaps, le plan est toujours présent à la vue et donc à l'esprit. Il n'y a pas qu'une façon de guider la pensée, et les cartes permettent de ... sauter du coq à l'âne, une idée en amenant une autre à laquelle on n'avait pas forcément pensé, ou surtout en allant directement à ce qui nous intéresse le plus sans être obligé de suivre un cheminement imposé.
Bien sûr, on est bien dans un plan, un schéma, qui permet de comprendre l'organisation d'une pensée, mais qui ne dit pas la totalité de cette pensée comme dans un document écrit, rédigé... C'est un outil complémentaire, cela ne remplace pas la pensée elle-pensée. Même si je pense que comprendre comment s'organisent les choses est un pas essentiel dans la compréhension d'un concept, et qu'il suffit ensuite de mettre aux bouts des branches un lien vers un document rédigé, une page de site web, etc., pour avoir aussi le développement de la pensée. C'est pour cela que la recherche sous forme de mindmap telle qu'on peut la faire sur Wikipédia est intéressante : on à le plan, est au bout les articles.
J'ai connu les cartes par des amis
enseignants il y a une dizaine d'années en Guyane, terre de découvertes
: ils s'en servaient pour préparer leurs cours ou leurs formations pour
adultes et m'avaient prêté le livre de Buzan. J'ai utilisé les cartes
au début pour préparer des interventions publiques, conférences ou
débats. C'est très pratique, schématique, on a toutes les idées sous
les yeux pour ne pas en oublier, quand on part dans une voie on peut
l'explorer jusqu'au bout si on a le temps ou revenir en arrière. On
garde toute la cohérence de son discours sur une page. On a une vue
d'ensemble, immédiate et claire, de son sujet. A l'époque, l'outil
était la main prolongée par un bon vieux stylo bille 4 couleurs.
Une carte pour expliquer les cartes
Rien de telle qu'une bonne carte pour expliquer les cartes : Serge Ariès en a réalisé une que je vous conseille, en particulier les branches le mindmapping, utilisations possibles ou avantages et inconvénients.
(pour ouvrir la carte Mindomo, cliquez sur l'icône en haut à gauche puis sur "edit this map")
Un outil d'abord personnel
C'est au départ un outil personnel. Une carte se lit difficilement par d'autres, parce qu'elle est très vite si complexe qu'on n'y comprend plus rien : seul celui qui l'a conçue s'y retrouve. C'est le tort avec certaines cartes, et des intellectuels s'amusent parfois à en créer de gigantesques, satisfaisantes intellectuellement certainement, mais indigestes à la lecture (voir un diaporama très instructif sur FlickR).
La carte permet de structurer son esprit plus facilement qu'un plan qui hiérarchise obligatoirement les idées (le 1 est avant le 2, donc parait plus important : sur une carte il est autour, à droite ou à gauche, en haut ou en bas ; on peut rassembler des groupes d'idées sur un côté, mais il n'y a pas de hiérarchie sauf si on décide d'en attribuer une). L'intérêt est d'abord égoïstement personnel : quand on a besoin de rassembler ses idées (pour un cours, une conférence, un exposé, un article...), la carte me semble l'outil le plus approprié, en tout cas pour démarrer.
Un outil de présentation, à partager
La deuxième utilisation est le partage : si on fait une carte c'est aussi pour qu'elle soit lue. Par des collègues, des amis, des stagiaires, des élèves... tous ceux à qui on est susceptible de transmettre un message, ou mieux tous ceux qui travaillent ensemble sur un projet. Le poids des mots et le choc de l'image : une carte ce sont des mots concis, pas de grands discours, et on les voit d'un coup d'oeil. On est obligé de schématiser notre pensée, ou celle du groupe, et celle-ci apparait donc plus claire.
Les formateurs ont souvent l'habitude de poser des questions aux stagiaires et d'inscrire leurs réponses sur un tableau blanc ou un paper board. Mais mettre plusieurs feuilles côte à côte pour visualiser toutes les pistes envisagées dans ces discussions n'est guère possible. La carte heuristique peut prendre le relais et présenter tout le contenu d'une séance de brainstorming dans une formation ou une réunion de travail interne, aidé par un vidéoprojecteur.
Bruno Orsier, développeur et formateur, les utilisent en formation (avec vidéo-projecteur), vous pouvez voir la carte qu'il en a tirée, en particulier la branche Animation de réunions.
Mari-Cécile Isenmann, enseignante ou documentaliste, en a réalisé une très efficace pour montrer à des élèves comment utiliser internet, elle vaut le coup d'être récupérée.
(pour ouvrir la carte Mindomo, cliquez sur l'icône en haut à gauche puis sur "edit this map")
L'informatique la rend plus efficace
L'informatique change la donne. Là où les feuilles manuscrites trop riches étaient illisibles, les nouveaux logiciels que l'on utilise aujourd'hui permettent de ne développer que les branches que l'on suit et pas les autres. Cette façon de faire est très facile aujourd'hui avec les outils informatiques, surtout quand on n'est pas le créateur de la carte : on chemine aisément dans la pensée des autres. Sur le net aussi quand on recherche un renseignement, on est amené à suivre une logique qui n'est pas celle d'un découpage rationnel des connaissances, et qui est plutôt à rapprocher du butinage observé chez les lecteurs de nos bibliothèques. Une idée en amène une autre, on glane ici et là, et on découvre plus que l'on ne suit une idée bien claire.
L'informatique permet d'avoir une vision de la carte à chaque étape du développement des idées : on peut n'afficher que le niveau 1 (en haut à droite sur Mindomo), celui qui marque le début des branches partant du sujet central. On voit vite les différents points de vue, les différentes orientations, et l'informatique nous permet de ne développer que la ou les branches que l'on souhaite. On peut créer de grandes cartes, et comme on ne les développe pas entièrement, elles restent lisibles.
Une carte pour orienter (banal me direz-vous!)
Si la carte permet de comprendre l'organisation des choses, elle permet aussi d'accompagner des lecteurs dans leur propre cheminement, et en particulier de les aider dans leurs recherches : la carte Cinéma que j'ai réalisée est de cette sorte : on part des différents besoins possibles des lecteurs, et on répond à ses questions supposées. Je suis persuadé que c'est un bon moyen pour permettre aux bibliothécaires et documentalistes de mettre en valeur leurs compétences et de proposer à leurs lecteurs des liens, des sites, des pistes de recherche, des conseils, des orientations, ce qui fait le boulot du bibliothécaire, quoi. On ne prescrit pas, on n'impose pas notre savoir immense, mais on accompagne le lecteur dans sa réflexion et dans sa recherche, en lui offrant quelques piste et en lui donnant les moyens d'aller tout seul plus loin : les sites spécialisés sont des exemples de ce que l'on peut trouver, les sites généralistes des points de départ pour des recherches plus poussées.Et n'oubliez pas qu'il y a des similitudes entre ce type de carte et de démarche, et puis certains moteurs de recherche nouveaux comme Aquabrowser ou TouchGraph.
Au moment de clore cet article, je découvre sur innovablogue, un article sur la création de cartes à partir de nos recherches sur le net, les liens entre sites créant une nouvelle cartographie. Cela s'appelle le Web-mining... A explorer avec Navicrawler.
Pour commencer
Sur Pétillant ou d'autres sites (voir plus bas), vous trouverez des listes complètes de logiciels et des tutoriels. Pour ceux qui veulent commencer simple, gratuit, et sans téléchargement de logiciel, même libre, Mindmeister est très facile d'utilisation, basique, sans fioriture, et donc particulièrement adapté aux débutants.
Quand vous atteindrez les limites de Mindmeister (rapidement), Mindomo vous conviendra plus, mais il est déjà plus complexe.
Plus d'infos
un Groupe de discussion sur Yahoo
le site Pétillant, référence dans les cartes heuristiques
un autre site, Sérial mapper
et un plus largement lié à nos collectivités territoriales, Collectivité numérique
La recherche dans Wikipédia sous forme de mindmapInnovablogue complète de façon très intéressante le sujet en proposant les utilisations possibles des cartes : 27 exemples traduits de Bootstrapper
un tutoriel Mindomo sous forme de mindmap
En revenant de quelques jours de vacances en Puisaye j'ai écouté Service public, l'émission de France inter, consacré le lundi de Pentecôte à internet, avec entre autres invités Dominique Maniez, auteur des 10 plaies d'Internet, dont David Liziard a déjà fait une critique. Il a surtout parlé des travers de Google (comme il le fait dans ce chapitre du livre en ligne), et on ne peut pas vraiment le lui reprocher. Mais il a dans sa façon de parler l'air de prendre les internautes de façon générale et ceux qui écrivent en particulier, pour de sombres crétins, globalement, et cela reste un peu en travers de la gorge. Je reprends juste une critique faite sur Wikipédia et qui m'énerve un peu parce qu'elle ne lui est pas propre du tout, je l'avais entendu dans un débat du Salon du livre et elle est fréquemment reprise par les adversaires de Wikipédia, dont nombre de collègues : l'article sur Laure Manaudou est plus long que celui sur Paul Ricoeur !
Scandale ! Suivant les interlocuteurs, la nageuse est remplacée par une actrice porno, un homme politique, ou tout autre personne qui jusqu'à présent ne frayait pas dans les mêmes eaux que les philosophes reconnus par notre élite intellectuelle. Faut tout de même pas mélanger les torchons et les serviettes. On est là sur une différence fondamentale entre Wikipedia et ses anciennes consœurs : l'encyclopédie collaborative contient des articles sur TOUT et TOUS (enfin presque), sans hiérarchie et sans jugement de valeur, sans des penseurs bien pensant qui disent à la population nationale ce qui est bon pour elle, ce qui a de la valeur et mérite d'être connu. Le reste, au panier !
On n'est plus dans l'économie de la rareté, on n'a plus à sélectionner quand on peut tout proposer, quand l'objectif est de donner des définitions et non pas de de dire ce qui est important : Wikipédia laisse à ceux qui veulent faire ce travail de sélection, de conseils, le loisir de publier leurs propres outils. Mais pourquoi toujours jeter la pierre à ceux qui créent, alors que le problème est simplement que les "anciens" n'ont pas compris ce qui se passait, donc ne se sont pas adaptés, donc ne créent pas (pas assez) des articles, des outils et des sites qui correspondent à ce qu'ils attendent.
On a tous en mémoire ces temps où on lisait un dictionnaire ou une encyclopédie comme un roman ou un ouvrage merveilleux. Les détracteurs de Wikipédia ont l'impression que cela ne peut plus se faire, sous peine d'avoir sous les yeux les vies de gens ordinaires, ne faisant rêver personnes. Pourtant s'il y a bien un lieu où découvrir des mondes inconnus il me semble qu'internet est quand même bien placé ! Le problème n'est pas dans le contenu existant, qui n'est pas à critiquer, mais d'une part dans les manques de ce contenu (manques existant surtout parce que les intellectuels d'hier qui prenaient tant de plaisir à lire les encyclopédies n'ont pas compris qu'aujourd'hui il fallait mettre un peu plus la main à la pâte et participer aussi pour défendre ses idées et sa conception de la culture et du savoir), et d'autre part dans la mise en avant des contenus intéressants : et là bien sûr on est tous d'accord, il faut trouver comment faire avec tous ces outils à notre disposition.
Laure Manaudou et Paul Ricoeur côte-à-côte c'est une bonne chose, aux médiateurs - accompagnateurs et autres bibliothécaires de proposer des méthodes pour permettre aux utilisateurs de faire la part des choses. Je suis bien certains qu'il y a en France quelques centaines de professeurs de philosophie tout à fait capables d'écrire de longs articles sur Ricoeur et d'autres, qu'ils le fassent donc au lieu de critiquer ceux qui font, eux, ce qui correspond à leur propre plaisir et à celui de leurs pairs. Qu'ils créent des sites références sur la philosophie et les grands penseurs de ce monde, qu'ils les fassent connaître, qu'ils les rendent attrayant,... et les bibliothécaires se feront un plaisir de les citer et de les conseiller à leurs lecteurs.
Mais finalement qu'est-ce qui est le plus important ? Que les
amoureux de Ricoeur ne soient pas pollués par Laure Manaudou, ou que
les amoureux de la nageuse puissent tomber sur Ricoeur en feuilletant
Wikipédia ?
Il est bon de voir que Larousse se lance dans l'aventure de
l'encyclopédie en ligne, et quand même un peu collaborative : c'est
bien sûr une expérience à suivre, bravo à eux. On a toujours dit que le web 2.0 n'était pas un Dieu unique, à suivre aveuglément, et il faut bien entendu en limiter les travers et les dangers, mais il est regrettable que le succès des 10 plaies de l'internet se fasse dans l'optique de lire enfin des arguments qui vont démonter les visions fanatiques des illuminés qui ne jurent que par le web 2.0. A nous de prendre ce pouvoir de militer pour le web 2.0 tout en militant aussi pour un apprentissage des méthodes de recherche, de lecture et d'appropriation des contenus trouvés.
Après Romans-sur-Isère, Biblio.fr nous informe de la création de l'Univers Netvibes de Digne-les-bains. On y va lentement mais sûrement. Les bibliothèques commencent à jouer un vrai rôle dans le développement des web locaux, en créant des portails qui permettent d'accéder à une masse d'informations nationales mais surtout locales. Au fil des exemples, arriveront bien à se détacher des orientations communes, chaque site les améliorant ensuite avec des resosurces locales propres. Longue vie donc à ces portails et bravo aux collègues de Dignes-les-bains.
[MAJ: et aujourd'hui je découvre par La Feuille le portail des bibliothèques de Brest, moins local et plus livre]
Le mois dernier j'avais présenté un portail documentaire Cinéma réalisé sous forme de carte heuristique. Pétillant, le site spécialisé dans les mindmaps, l'a repris dans un article récent, et il est entré cette semaine dans le top 50 des cartes les plus lues sur mindmeister.
Aujourd'hui, c'est Lionel Dujol, bibliothécaire à Romans sur Isère bien connu sur le web, qui poursuit son investigation du web local en réalisant notre rêve à tous, un portail netvibes de sa bibliothèque (après le portail des Romanais, la Salade romanaise ou l'agenda romanais, avec son compère Hubert Guillaud). L'info est relayée par Silence. Cela vaut vraiment le détour, c'est une étape qu'il va falloir développer et améliorer (bon d'accord, avant de développer, il va déjà falloir qu'on en crée nous aussi... autre paire de manches).
J'ai particulièrement apprécié la carte de recherches de guides touristiques réalisée avec Google Maps. Il faut vraiment aller dans ce sens d'une recherche visuelle et intuitive, permettant la découverte, et qu'on a l'impression de maîtriser avec sa souris. On n'a pas besoin d'avoir déjà des connaissances et de maîtriser des techniques savantes pour effectuer une recherche. On se rapproche ainsi des usagers du web, et cela ne peut être que profitable. : il faut utiliser les procédures et comportements nouveaux présents sur le web et les adapter à nos besoins, et cela en est un, comme le mindmad, le fil rss, l'agenda partagé, l'info courte, etc.
Je ne suis pas un bon mari. Ma Claire de femme publie un nouvel album et j'oublie de vous le présenter.
C'est la suite des aventures d'Oscar et de Papijo, chez IBIS ROUGE, éditeur guyanais dont je vous ai déjà parlé et qui mérite un petit détour et quelques dépenses parce que faire des livres en Guyane est une entreprise à haut risque ( il n'y avait pas beaucoup de librairies et elles vivent en ce moment une grave crise). Et la Guyane n'intéresse pas grand monde, le tourisme n'y est guère développé, l'avion est très cher, l'enfer vert porte bien son nom, l'orpaillage fait des ravage, et Christiane Taubira change de parti tous les jours...
Amazon ne donnant pas la couverture, j'en profite pour mettre quelques pages.
Vous pourrez y trouver un ouvrage peu connu sur Aimé Césaire, et de nombreux autres ouvrages sur les littératures des caraïbes, à côté de textes d'écrivains guyanais moins connus que les auteurs antillais (mais Stéphenson ou Patient sont de grands auteurs).
Pour ceux qui ne vont pas à Reims avec l'ABF le 14 juin, l'évènement à ne pas manquer est le premier Bookcamp, organisé par Hubert Guillaud (La Feuille, Internet.actu). Le pré-programme est sur le wiki créé pour l'occasion ici.
De quoi me faire regretter encore plus de ne pas être parisien.L'idée de cette journée est de proposer une demi-journée d'expérimentations et de réflexions autour du livre et du numérique. Une série d'ateliers "main à la pâte" pour mieux partager les impacts de l'innovation numérique sur la chaine du livre. Une occasion de rencontre et d'échanges entre bibliothécaires, libraires, éditeurs, auteurs, critiques et lecteurs avec pour mot d'ordre, "tous participants".
Du très beau monde s'est déjà inscrit, et pouvoir rencontrer toutes ces personnes responsables de sites sur lesquels on a l'habitude d'aller (et d'autres inconnus), et pouvoir débattre avec eux de ce qui passe aujourd'hui et vers quoi aller demain, est quelque chose d'assez excitant, et je vais louper ça !
Une façon aussi de montrer aux sceptiques que le web 2.0 ça n'est pas que du virtuel, et que les rencontres existent aussi dans la réalité et peuvent se poursuivre si affinités. J'avais participé au premier Barcamp de Marseille, organisé aussi par Hubert Guillaud et la Fing (voir la prochaine Université de printemps à Marseille et Aix ici), et cela avait été très dynamisant pour moi.
Pour le moment il y a les sujets suivants (mais d'autres sont encore à l'étude) :
- géolocalisation des catalogues
- chaine éditoriale XML : pourquoi faire ?
- du livre personnalisé au livre-service
- économie de l'édition numérique
- tagguer les livres
- inventer le livre électronique
- écriture, édition et nouveaux supports
Je ne sais pas vraiment comment prendre le commentaire de Trans en réponse à mon post qui incitait à Bloguer. S'il commence par être d'accord avec moi, la suite l'est moins et ressemble à une critique personnelle, mais aussi collective envers les blogueurs comme celle de Dominique Arot dans un éditorial devenu célèbre de la revue de l'ABF, qui parlait du "confort d'un blog personnel" (je pense personnellement que le "NOUS" de l'association est bien plus confortable que le "JE" des blogueurs) et avait suscité des commentaires ici ou ici. Trans y participait déjà, et son long commentaire chez notre ami KotKot était intéressant et méritait sans doute réponse et débat autour de notre pratique, mais je viens seulement de le découvrir (moi non plus je ne suis pas expert en ces pratiques et ne m'abonne pas aux fils des commentaires, ce qui est un tort). On peut lire un autre commentaire ici.
Mais sa réponse à mon article est un peu plus virulente voire agressive. D'où ces quelques précisions.
Pour le côté personnel : bibliothécaire depuis 27 ans (employé de bibliothèque, sous-bibliothécaire, bibliothécaire, conservateur), que ce soit en banlieue parisienne, dans la France profonde ou dans les DOM (et quelques autres bricoles en france et à l'étranger), je crois que je connais assez bien le "cambouis" dont tu parles (le profil sur le blog te donnais quelques indications). Il y a quelques temps sur biblio.fr certains disaient que seuls les bibliothécaires avaient le droit de parler des bibliothèques. Aujourd'hui certains estiment être les seuls bibliothécaires à avoir les mains dans le cambouis (prétentieux !) et pouvoir parler (tout en gardant l'anonymat bien sûr - l'anonymat n'est pas une obligation, je suis personnellement contre, et comme moi tu peux donner ton nom).
Bien entendu mon parcours ne m'autorise pas à parler au nom de la profession. Uniquement en mon nom. Mais j'ai bien le droit de dire ce que je pense bon sang, et de l'affirmer, et de mettre cette expérience au service de mes collègues (et du mien tu vas dire, médisant que tu es) en donnant un avis sur la profession qui est le mien et que je partage. Il ne manquerait plus ça que je ne puisse pas le faire ! Et si mon discours intéresse certains tant mieux, on peut en discuter, comparer, inventer, refaire le monde. Chacun y trouve son compte.
Si ce que je raconte est sans intérêt (pour toi), passe ton chemin. Mais surtout écris de ton côté ce que tu penses être bon pour tes collègues, puisque tu ne trouves pas ton compte chez nous. Nous ne faisons rien de mal, nous ne dépensons pas l'argent public, juste notre temps, à l'image de l'importance que nous accordons aux web 2.0. Mais cela, seule ma femme pourrait m'en faire le reproche.
Nous ne devons pas avoir la même vision de l'importance du web aujourd'hui dans notre société et notre profession. Comme le disait une collègue ici, "c'est une mode", "ça passera". On est nombreux à ne pas être d'accord avec cela : le web 2.0 modifie très fortement la société aujourd'hui et de grands enjeux économiques et politiques internationaux tournent autour de cela, l'économie de la culture et la création en sont très fortement marqués. Et l'on devrait faire comme si de rien n'était ? Continuer notre petit bonhomme de chemin pépère, tranquille Basile, en se demandant juste s'il faut une boîte de retour ou non ? Mais c'est vrai aussi qu'il faut s'immerger, on ne peut pas vraiment regarder de loin ce qui se passe, et ton intervention à la mérite de noyus inciter à faire attention : effectivement, on prêche à des convaincus, oubliant parfois que notre parole s'adresse aussi, pour ne pas dire surtout, à des collègues que l'on doit convaincre.
Mais pourquoi ces rancoeurs te faisant dire qu'on ne s'intéresserait pas aux petites et moyennes bibliothèques ? Bon nombre de grands blogueurs devant l'Eternel sont dans des structures moyennes, 30 000 h par exemple. D'autres en BDP et vivent au quotidien les problèmes des petites structures. Ce ne sont pas les plus grandes bibliothèques qui innovent en ce domaine : bon nombre de villes moyennes sont en avance, et de toutes petites (Puyloubier par exemple) utilisent avec intelligence les ressources du web 2.0 pour palier leur manque de moyens. Je suis même sûr que les petites communes ont le plus à gagner avec les outils et les nouveaux usages que le web nous enseigne (d'où l'importance certainement grandissante des BDP en terme de portail et de web local). Nous enseigne, oui ! On apprend tous, tous les jours un peu plus, moi en particulier qui suis toujours étonné de la richesse que je trouve chez mes jeunes collègues blogueurs, dont beaucoup pourraient être mes enfants. Je ne suis pas sûr d'avoir eu une réflexion aussi poussée sur mon métier à leur âge. Mais on est entre adultes, si on ne veut plus aller à l'école du web, c'est pas un problème, on a le droit. Faut juste ne pas empêcher les autres de le faire. Va voir sur Touti frouti ces blogs de bibliothèques qui montrent une réalité certaine (tu peux aller voir aussi la page de conseils, ils sont bien utiles).
Tu dis : "Quid de ceux qui sont aussi des
"directeurs", mais proches du terrain ?" Tu sous-entends donc que je ne suis pas un directeur proche du terrain ? T'es gonflé, mec ! Qu'est-ce qui te fait croire cela ? Qu'est-ce qui te permet cette remarque ? Le blog, c'est vrai, c'est un peu le café du commerce, on réinvente un monde idéal. La différence avec les piliers de comptoir, c'est qu'on est nombreux à penser la même chose, à le dire, à le défendre, à militer pour, à s'organiser pour, comme pour cette réflexion autour d'un laboratoire de pratiques, en partenariat avec une association. Avec comme seule prétention ne pas se laisser mater par le web. L'accompagner pour essayer de surnager, professionnellement et individuellement. Tu peux imaginer mater le web en l'ignorant et en faisant comme s'il ne nous transformait pas, tu en as le droit, c'est respectable, mais je pense que tu as tort. Tu n'y arriveras pas. Les grandes multinationales se battent à coup de milliards de dollars et tu penses pouvoir agir simplement en ne prenant pas part à la bataille ? C'est perdu d'avance, ça n'est qu'en ne te laissant pas submerger que tu pourras continuer à survivre.
Tu voudrais un débat unique, avec la bonne parole à la clef. Tu n'auras rien de tout cela. Tu as des blogueurs devant toi, des humains tous différents, avec chacun une parole qu'il défend. Ce qui fait leur force, c'est la communauté. Pas une communauté fictive, une communauté construite par l'échange et le débat. Une communauté mouvante, qui évolue au fil des échanges et des nouvelles participations. Tu fais partie de la famille des bibliothécaires ? Mais on ne choisit pas sa famille. Moi j'ai des amis blogueurs, je les choisis, j'ai beaucoup à partager avec eux (dans le virtuel et dans le réel). Mais toi tu dois bosser ausssi, ne crois pas qu'on va faire le boulot à ta place ! Tu dois réunir ces petits bouts épars de débat pour les mettre en relation. Tu crois que le débat est limité ? Que nenni ! Dans une association oui, il faut que l'on tombe tous d'accord, et si l'assos' dis ça comme ça c'est qu'il y a consensus, la majorité a raison, donc c'est la vérité... Mais chez les blogueurs non. Le débat est permanent (y a pas quelqu'un qui a dit un truc comme ça déjà?). Beaucoup vont dans le même sens mais par des chemins différents, et tu peux un jour acccompagner l'un parce qu'un élément de sa pensée te convient, et le lendemain venir faire un tour dans mon petit cabanon parce que le pastis te semble meilleur ce jour-là. Tu as le choix. Et comme tu participes au débat, celui-ci n'a de limite que ta propre pensée et ta propre volonté de débattre.
Merci simplement d'utiliser un ton un peu moins agressif et de dépassionner le débat, le dépersonnaliser. Pourquoi remettre en cause la légitimité de celui à qui tu t'adresses ? Surtout quand la lecture de quelques articles te donne une idée bien plus précise de sa personne qu'un simple CV (c'est curieux de vouloir juger sur une fonction, un parcours, plutôt que sur des écrits qui sont bien plus parlants). Je ne suis pas donneur de leçons, tu fais ce que tu veux avec ce que je dis. Je pense pour moi, mais je revendique le droit de transmettre ce que je pense à ceux qui veulent bien l'entendre.
Pourquoi cette hargne contre les blogueurs, j'ai du mal à comprendre. Pourquoi parler de "branlette 2.0" ? Pourquoi ce que tu acceptes d'un livre édité (parce qu'il est payant, il a de la valeur ?),
tu le refuses d'un blog (parce qu'il est gratuit, donc ne vaut rien ?). L'un est validé par
des instances supérieures professionnelles ou économiques, l'autre par une communauté de pensée. Y en
a-t-il un de plus légitime ? Tu n'as pas dû aimer mon précédent post sur les politiques territoriales, mais je t'incite à lire les livres que je cite, ils sont écrits par des personnalités reconnus nationalement (et internationalement) et te disent pourquoi il faut s'immerger dans le web 2.0.
J'ai passé un peu de temps pour te répondre, parce que je crois que beaucoup pensent comme toi et ne le disent pas, ne l'écrivent pas en tout cas. Et cette notion de "légitimité" à laquelle tu es attaché, c'est la même que celle qui amène à se détourner de site comme Wikipédia, dont les auteurs inconnus ne sont pas "légitimés" non plus.
Ce mot lâché, "technocrate", qui sonne comme une insulte, opposé aux "vrais bibliothécaires" je suppose, ceux qui ont les mains dans le cambouis !
Mais c'est quoi Coco le cambouis, aujourd'hui, dans notre profession ?
Cette autre insulte, "pontifes-penseurs" !
Et ce repli communautariste contre lequel il faut lutter (lis les pages sur la diversité culturelle dans le bouquin de Le Glatin). Notre avenir est probablement de ne pas rester pas entre bibliothécaires, de nous ouvrir à de nombreuses autres fonctions dévolues traditionnellement à d'autres métiers... et les blogueurs ne sont pas près de se taire.
Dernière minute : au moment de mettre en ligne, un article de Dominique Lahary amène un commentaire qui est bordée d'insultes. Apparemment ceux qui prônent l'ouverture du débat utilisent des méthodes assez "musclées" qui ne sont généralement pas de mise dans ce que l'on appelle traditionnellement "débat". Il semble que ce soit un prix à payer pour cette parole libérée sur le net.
Vu sur Pétillant, le site spécialisé dans les cartes heuristiques, Tuneglue, un site d'orientation qui permet de découvrir des artistes proche de celui qu'on recherche, à la façon d'aquabrowser. Mais cela concerne surtout les artistes et ne convient pas vraiment pour se laisser guider dans les mouvements, les genres, etc. En tout cas intéressant pour réorienter des lecteurs dans nos bibliothèques quand on ne connait pas, du genre "si vous avez aimé, vous aimerez...".
J'ai voulu utiliser PDF Split and Merge, un logiciel libre qui permet de créer des PDF mais aussi de les diviser ou d'en agréger plusieurs dans un seul document, mais mon vieux mac poussif et mon manque de compréhension de la technique et de l'anglais mon fait me rabattre vers Acrobat. J'ai fait ça avec un ensemble réalisé par Claire, ma chère épouse, dans un atelier pour le centre social où elle travaille, et dont j'avais fait la maquette. Le tout mis ensuite sur issuu.com, cela donne quelque chose de vraiment sympa, qui met vraiment en valeur le travail réalisé en atelier.
Les observateurs de la révolution que nous vivons aujourd'hui le disent bien, les internautes auront besoin de médiateurs pour accéder à l'information recherchée sur le net... Joël de Rosnay l'exprime bien dans La révolte du pronétariat : des mass média aux média des masses :
"Le besoin de nouveaux médiateurs humains, capables d'aider l'utilisateur à faire le tri, à évaluer, à hiérarchiser, à valider, à organiser l'information, va se faire sentir de façon croissante. Une classe d'intermédiaires (des "infomédiaires") est en train de se constituer : ni journaliste, ni personnes de pouvoir, ils contribueront demain à façonner l'opinion publique en étant identifiés par les utilisateurs comme étant des référents." (p.85).
Le rêve du bibliothécaire, non ?
Tout ça parce que...
L'information est difficilement accessible.
L'information est trop abondante.
L'information se renouvelle sans cesse.
L'information n'est pas toujours fiable.
En allant farfouiller dans les archives de KotKot (je n'ai pas retrouvé le lien exact), j'ai trouvé un vieux (2005 ) texte de Bernard Corbineau Intelligence territoriale et société en réseau - Les médiathèques de proximité, portails de la connaissance, issu des 4èmes journées TIC et Territoires. Il est indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à ce sujet de la place des bibliothèques dans les politiques territoriales. On y trouve un bon argumentaire pour aider nos collectivités à se lancer dans une démarche "d'intelligence territoriale" et pour donner aux médiathèques la place qu'elles ont la capacité de prendre (sans toujours len avoir conscience).
"Dans certains pays, les médiathèques jouent un rôle important du fait même des décideurs territoriaux qui les incluent dans leur stratégie. En France, elles jouent un rôle encore marginal dans les politiques d'intelligence territoriales... Le territoire intelligent est tributaire des moyens d'accès à la société en réseau, à l'information et la connaissance... Les politiques d'usages sont encore confinées à des espaces spécialisées en TIC de type Espace Public Numérique (EPN)... La question de l'accès à la connaissance, c'est-à-dire la capacité de formuler sa demande et de trouver la réponse, doit y être développée. Or c'est là depuis plus d'un siècle la fonction principale des bibliothèques ouvertes au public, dont les bibliothèques territoriales, veritables portails de la connaissance."
Corbineau le dit, elles ont des atouts essentiels : "lieux de confiance, expertise d'interfaçage de l'information et de la connaissance avec les acteurs territoriaux, large public, grande et extensible capacité d'ouverture en terme de plages horaires. Elles ne jouent pourtant qu'en partie leur fonction sociale de portail de la connaissance..." Et encore : "leur fonction sociale d'interface, de portail pourrait leur donner une place de choix dans la question primordiale de l'accès à l'information et à la connaissance." (qui disait que seuls les bibliothécaires pouvaient parler des bibliothèques ?)
Mais l'on se heurte à un double problème :
- les collectivités n'ont pas toujours conscience de ce que représente aujoud'hui le web dans sa dimenson 2.0, et donc du rôle possible des bibliothèques.
- les bibliothécaires eux-mêmes ne sont pas franchement convaincus de leur rôle en ce domaine, accrochés qu'ils sont à la forme "livre" et à leur rôle de prescriteur de la Culture avec un grand C, ce que n'a pas l'air d'être internet pour eux.
Internet dans les bibliothèques est aujourd'hui essentiellement un moyen pour attirer du monde vers le livre et pour ne pas avoir une image trop ringarde. Et si des ateliers ont lieu dans les EPN et autres cyber-espaces, il s'agit d'apprendre à utiliser des outils et non pas "à faire le tri, à évaluer, à hiérarchiser, à valider, à organiser l'information" comme le disait Joël de Rosnay: ça, personne ne le fait encore pour le "grand public" de nos bibliothèques. Si les postes Internet commencent à se développer dans nos équipements, ils le sont encore en très petite quantité, comme un plus obligé, mais pas comme un élément fondamental de notre politique et de cette "démocratisation" de la culture et des connaissances à laquelle nous sommes pourtant attachés.
L'enjeu n'est pas en terme d'équipement mais en terme d'usage, et Marc Le Glatin dans "Internet, un séisme dans la culture", ed. de l'Attribut, 2007, le dit aussi dans un livre plus politique :
"Et si l'augmentation des prix d'abonnement [des FAI qui, selon Le Glatin, devraient prendre plus de poids dans l'économie de la culture] risque d'accentuer la fracture numérique, des mesures de crédit d'impôt en faveur des plus démunis, ainsi que l'équipement de lieux publics d'accès à Internet (médiathèques, centres de formation et de diffusion culturelle, points d'information jeunesse, centre sociaux,...) dans lesquels seraient affectés des formateurs, constituent des postes de réponses." (p. 140)
Tout comme le disent Christian Paul (au nom de la très officielle Association des Régions de France) et la FING dans un autre ouvrage essentiel, Le défi numérique des territoire : réinventer l'action publique, paru en 2007 aux éditions Autrement :
"Développer l'accès et la formation aux TIC est une condition nécessaire, mais nullement suffisante. La question qui compte est celle des capacités dont disposent les individus pour exprimer leur potentiel, vivre leur vie, participer à la vie sociale - ce que les anglophones expriment par le mot empowerment... les TIC sont avant tout des outils à mettre au service des politiques sociales en général... développer des formes de médiation de proximité (maisons de services publics, écrivains publics Internet...)... appui à la constitution et à l'animation de communautés en ligne." (p.64 - 65) [MAJ: à 15 jours d'intervalle la même citation, désolé, d'autant que le livre est suffisamment riche pour en tirer de nombreuses autres]
Et pour terminer :
"Animateurs et médiateurs forment une armée d'interprètes de la condition de citoyen et d'habitant, ils sont dans les associations, dans les centres sociaux, dans les espaces publics numériques, dans les mairies et les administrations locales. Il faut pérenniser ces fonctions, les mailler davantage entre elles et les intégrer plus fortement au sein des politiques publiques et erritoriels." (p. 108)
Le drame est joué ! Comme le dit Corbineau cité plus haut, les bibliothèques - médiathèques "ont un rôle marginal" dès qu'il s'agit de "territoire intelligent". Et nous bibliothécaires avons peut-être tout fait pour que l'on nous oublie, satisfait que nous étions dans notre petit coin à réclamer notre indépendance par rapport aux "politiques" que sont nos élus, comme si cela était un gros mot. On aurait pourtant aimé lire : "Animateurs et médiateurs forment une armée d'interprètes de la condition de citoyen et d'habitant, ils sont dans les bibliothèques et médiathèques de toutes les villes, grandes ou petites. Leur personnel est pérenne, c'est celui des collectivités territoriales. Bibliothèques municipales ou Bibliothèques Départementales de Prêt, il faut les mailler davantage, entre elles et avec les autres partenaires sociaux, et surtout les intégrer plus fortement au sein des politiques publiques et territoriales."