Cela faisait un bon moment que j'attendais de pouvoir mettre en pratique cette idée d'utiliser les mindmaps pour proposer des portails documentaires présentant des sujets en fonction des besoins des lecteurs et non pas d'une division intellectuelle des connaissances, d'une hiérarchisation dont les lecteurs n'ont que faire. Cela peut remplacer les veilles sitothèques avec un accès systématique qui part de la demande du lecteur. Grâce à Bibliobsession et Lionel Dujol qui m'ont communiqué ce site de création de cartes heuristiques, Mindmeister, simple et gratuit dans sa formule de base, j'ai pu enfin m'y mettre.
Chaque acquéreur d'une bibliothèque peut établir la carte de son domaine, lesquels seront ensuite réunis dans un seul portail général. Voila le résultat ci-dessous (en perpétuel reconstruction).
L'intérêt réside dans la recherche systématique, dans une arborescence qui essaie de partir des besoins des lecteurs, mais aussi dans le fait de mettre indifféremment des pages d'accueil ou des liens directs vers des pages, ou plutôt des thématiques à l'intérieur d'un site. Par exemple Wikipédia : on peut y accéder par le portail cinéma (près de 30 000 pages), mais aussi en intégrant les liens vers des pages thématiques en fonction des principales recherches des lecteurs. On répond ainsi à la fois à des demandes imprécises et vagues, et à des demandes plus spécifiques. On peut associer aussi des sites officiels (comme celui des César) avec des pages de Wikipédia plus complètes pour ce qui est des palmarès. Mais le portail n'a pas vocation à répondre directement à toutes les demandes spécialisées, mais les principaux sites donnant eux accès à toutes les réponses doivent pouvoir être identifiés. L'objectif pour moi n'est pas la réalisation d'un objet final parfait, mais de montrer un travail qui peut être repris par d'autres, complété, modifié.
En cliquant sur le bouton en bas à droite, vous accédez au site et à une image plus grande.
Pour développer une branche cliquez sur le +, le petit signe avec traits affiche une note quand vous passez dessus, et une flèche indique un lien.
Le choix du cinéma est lié à un travail de poldoc. Comme personne autour de moi ne connait vraiment les meilleurs sites, et surtout les meilleurs blogs, les vrais sites d'amateurs et de passionnés, merci de m'envoyer un mail avec vos favoris et un commentaire (au moment où je mets en ligne cette carte - j'étais impatient de le faire vous le comprenez - je continue à le compléter. Le problème sera de s'arrêter avant que la carte ne devienne trop chargée et donc illisible).
de la nostalgie de la révolution prolétarienne à la réalité de la révolution pronétarienne (en écrivant cet article, une émission à la télé, et cette évocation de ce qu’a été, entre autre, Mai 68... prétexte à ce titre)
En ces périodes de commémoration, je voudrais juste faire un parallèle entre les évènements d’il y a 40 ans et ce que nous vivons aujourd’hui. Dans notre petite biblioblogosphère, on a tendance à être du côté de Joël de Rosnay quand il parle de révolution ou de Marc Le Glatin quand il parle de séisme dans la culture. Comme les étudiants et quelques autres avaient conscience de participer à une véritable révolution, culturelle et sociale, à défaut d’être politique. Mais tout le monde n’est pas d’accord avec nous, et je ne suis pas sûr qu’on en ait toujours conscience, persuadés que nous sommes de détenir la vérité.
Comme on me l‘a dit récemment, « c’est une mode, ça passera ».
Je vois ce genre d’idées très souvent autour de moi, venant d’amis et de relations, très compétents dans leurs domaines, mais sont hermétiques à ce qui se passe, et ignorent tout du web 2.0. Que ce soient des collègues, des administratifs, des directeurs d’équipements sociaux, des artistes,… ils n’y entendent rien ! Ils ne connaissent pas les outils, ignorent les usages que l’on peut en faire, les réseaux ça ne leur parle pas, le libre fait du tort à ce qu'on dit, le téléchargement n'en parlons pas... Et ce sont des gens qui utilisent internet, culturellement et socialement plutôt bien placés.
Où se situe la fracture numérique ? J’aurais tendance à croire qu’elle est ici, entre ceux qui investissent les réseaux et les outils collaboratifs, ceux qui mettent en œuvre cette intelligence collective qui pour nous est bénéfique à la société, et ceux qui utilisent passivement, par habitude, ce qu‘on leur donne. Ceux qui participent et ceux qui regardent. En 68 ils auraient regardé les événements à la télé, et certains auraient certainement descendu les Champs.
Qui a raison ? Nous ? La naïveté du pronétaire militant porterait à le croire. Eux ? Ils en sont persuadés aussi. Bien entendu il faut être plus nuancé et dans le cas présent ne pas oublier qu’il y a un « après ». Et si 68 était une révolution nécessaire et particulièrement bénéfique sur certains points, l’après 68 a peut-être entrainé quelques dérives. Que sera l’après web 2.0 ? A nous d’essayer de nous garder de ces dérives attendues, la principale touchant certainement la question de l’identité numérique. Nous devons en avoir conscience et rester lucides. Mais c’est une bonne chose de participer à ce mouvement et d’apporter notre pierre à l’édifice.
Cela ne sert à rien de dire « c’est une mode, ça passera ». 68 est passé bien entendu, mais pour notre bien à tous il a existé. Le web 2.0 passera aussi, mais l’évolution sociale et culturelle qu’il apporte va modifier nos comportements pour longtemps.
Et les bibliothèques dans tout ça ? Aider à comprendre, à participer, à s’engager. Pourquoi nous ? Service public pour une cause d’intérêt public. Connaissances liées au métier. Médiateurs. Notre travail est probablement aujourd'hui de limiter cette fracture numérique liée à la méconnaissance du web 2.0 et de ce qu'il implique. A nous de nous transformer en pèlerins et de prêcher la bonne parole autour de nous, en incluant cette "formation" dans la vie quotidienne de ceux avec lesquels nous travaillons, collègues, partenaires, autres services de la collectivités,...
... créez - participez - collaborez... la liste est longue de ce que des bibliothécaires, professionnels responsables, peuvent faire seuls dans leur coin ou lorsqu'ils se retrouvent. Mais les trois premiers résument quand même bien la situation, ce qu'est notre travail au quotidien.
Pensez !
Tout le monde le fait, tout le monde
a quelque chose à dire sur la profession, son présent, son avenir...
Quand on discute entre collègues on le voit bien, c'est parfois chaud,
agressif, toujours intéressant. Il y a des blocages sans doute, mais on
arrive à s'entendre, même quand on a des idées différentes. Penser,
réfléchir, imaginer l'avenir, tous, quelque soit notre place dans la
profession, nous le faisons.
Ecrivez !
Là, je le
reconnais, c'est plus difficile. On a l’impression qu’il y a un fossé
(un gouffre), entre la facilité que l’on peut avoir à dire des choses,
et le fait d’écrire ces mêmes choses. L’écrit impressionne, l’écrit
fait peur, ce n’est pas à des bibliothécaires que je vais le dire. Une
chose est sûre, l’écrit engage ! Et c’est cet engagement qui fait peur
: la parole, on sait à qui on la dit, on ose, on l’adapte, on la
modére, on calcule, on manipule (non, pas les bibliothécaires). L’écrit
pour ses collaborateurs, on connaît, c’est facile. Pour sa hiérarchie,
des élus, on a plus de mal mais ça va, c’est notre boulot. On a quelque
chose à dire sur les bibliothèques, leur avenir, leur organisation, les
enjeux les projets…
Communiquez !
Mais ce qu'on pense, que
l'on écrit parfois, cela sort difficilement de notre collectivité. Dans
une formation, on hésite déjà un peu à prendre la parole, c’est
difficile, on ne connaît pas les gens… quant à une conférence, un
débat, alors là cela devient rarissime. On laisse ça aux grands noms de
la profession que l'on retrouve dans toutes les journées d'étude,
colloques et autres formations. On n’en pense pas moins pourtant. Mais
prendre la parole devant des inconnus ! Lancer devant une multitude les
idées qui sont les nôtres, c'est pas évident. On a des idées, on pense,
on cogite, et puis après ? Cela ne sort pas de notre petit cercle de
connaissances et collègues.
Bloguez !
Bloguez chers
collègues ! Cela vous rendra plus performant et vous aidera à
participer au débat général sur notre métier et les mutations qui sont
les siennes. Il vous faudra trouver des sujets, écrire dessus,
trouver des arguments, répondre aux attaques,... en un mot débattre. Je
rêve un peu d'une bibliothèque agora, lieu de rencontre et de débat,
mais pour cela il faut déjà prendre l'habitude de débattre soi-même.
Après la fac, la grande école de bibliothécaires, on n'en a plus
beaucoup l'occasion. La biblioblogosphère est une ouverture
particulièrement intéressante, où tout le monde peut prendre la parole,
mais ne le fait pas. On retombe dans les mêmes schémas, le petit cercle
de passionnés et d'engagés qui osent dire, quelques-uns qui lisent, et
une grande majorité qui sait ce qui se passe mais l'ignore. Pas
concerné. Du coup on retrouve toujours les mêmes qui écrivent et se
répondent, sont dans toutes les formations, se renvoient la balle.