Odeurs électriques
Le vieux métro de bois fonce
Souvenir d'avant
Dans le tunnel noir
La ligne serpente et se traîne
Ici, j'habitais
Un pas amène l'autre
Poitrine plate, fesses tout autant
Squelette en avant
Debout, les yeux clos
Sourire mauve, lèvres ouvertes
Pensée érotique ?
Sur les banquettes bleues
Afrique, Chine et Inde m'entourent
Ma France pour toujours
High school en voyage
Pas de quotas de couleurs
Tous joyeux, et blancs
...
Haiku chaque jour
J'aurais bien aimé pourtant
Pas simple à tenir
Toujours à l'i-expo, un atelier baptisée "Eye Tracking, ou comment mon client regarde mon site internet", organisée par la société Tobii. Le procédé consiste à enregistrer les mouvements de l'œil d'une personne en train de consulter un site, ou de regarder la télévision, de faire un jeu vidéo. Antoine Luu, Responsable France, plus passionné que commercial, a présenté le produit accompagné d'Isabelle Le Roy, Directrice du Département Médias Nouvelles Tendances du CSA.
J'avais connu ce genre d'étude en fac il y a ... quelques années, "Psychophysiologie de la perception que ça s'appelait, et l'Institut d'esthétique nous branchait pour comprendre comment on lisait une image. Et plus tard, l'AFL (Association Française pour la Lecture), utilisait des études faites pour comprendre les mécanisme physiques de lecture, pour en déduire les méthodes d'apprentissages adéquates. Rien de nouveau donc. Mais...
Exemples d'applications :
- Des personnes regardent un match de foot, on enregistre les mouvements des yeux. Ils suivent l'action et les points des yeux sont regroupés sur le porteur de ballon, sauf que sans arrêt il y en a qui s'échappent pour se fixer sur les publicités de bord de touche, ou celles des maillots. Et au moment des ralentis ou des phases lentes, ils s'y attardent franchement. Quand les pubs tournent, hop un p'tit coup d'œil. Cela se transforme en graphique et on compte le temps passé sur les pubs : si j'ai bien entendu, environ 4%. Je n'aurai jamais imaginé que pendant un match de foot je pouvais passer 3 à 4 minutes devant un panneau publicitaire !
- Sur une page web, l'étude montre le circuit de l'oeil et les temps de lecture, permettant de définir entre autre quelles sont les pubs qui attirent le plus, donc de faire payer les emplacements en fonction de l'endroit, taille, etc. Comment aussi les lecteurs s'y retrouvent et le temps passé pour atteindre le point recherché. Etudes différentes suivants les pays parce les asiatiques ne regardent pas du tout comme nous et voient beaucoup plus globalement l'ensemble de la page (il y avait la médecine holistique, il y a maintenant le web holistique).
- Un autre exemple d'étude d'impact publicitaire, les jeux vidéos : l'action se déroule dans une ville, et immanquablement l'œil du joueur s'échappe pour aller sur les nombreuses publicités présentes (vous comprenez maintenant pourquoi vous ratez la cible ! )
Mais à côté de cette utilisation mercantile, Tobii met surtout sa technologie au service de la recherche, et permet entre autres des études sur helzeimer ou sur l'autisme. Et bien sûr tout ce qui touche le handicap. Parce que si les capteurs infra-rouge permettent de suivre le mouvement des yeux, cela lui permet aussi de commander l'ordinateur. J'ai fait l'expérience et c'est pour ça aussi que je suis enthousiaste, et c'est génial. Piloter l'ordinateur avec ses yeux, c'est possible maintenant pour des handicapés qui ne maitrisent plus rien d'autres : quand on ne peut ni parler, ni se servir de ses mains, l'oeil devient le seul outil de communication possible. Même les mouvements désordonnés de la tête sont pris en charge. Un tel ordinateur, avec écran de 15" seulement, embarqué sur un fauteuil roulant, permet une certaine autonomie, et ça c'est formidable, cela devient accessible à (presque) tous.
Les Sourds et Aveugles entrent de plus en plus dans nos bibliothèques, il faut s'en réjouir. Peut-on envisager un service pour de tels handicapés, avec des documents accessibles en ligne, écrits ou audio, pour des personnes équipées de ces ordinateurs et de leurs interfaces si utiles. Les catalogues de livres numériques trouveraient là une autre ouverture, la littérature contemporaine devant être aussi accessible à ce handicapés-là. [Mais cela se fait peut-être déjà, merci dans ce cas-là de le signaler].
Autrement dit, "COMMUNITY MANAGER". C'est le métier où l'on recrute en ce moment, particulièrement à l'i-expo, le Salon Information stratégique, veille, intelligence économique, salon un peu plus sexy que celui de l'ABF, dans le même lieu, et où les documentalistes sont très présents (et l'ADBS, qui vient d'investir aussi LinkedIn - une solution aussi pour palier la fermeture de biblio.fr ?) : il s'agit d'animer les réseaux sociaux des entreprises (donc des bibliothèques, n'est-ce-pas?). Un nouveau métier à proposer à nos collectivités (cf. l'article de Bertrand Calenge).
Formidable de voir tous ces outils de veille fleurir dans tous les stands, souvent avec des résultats cartographiés très parlants, come celui d'Innova News présenté par Digimind depuis le début de l'année à la Cité des Sciences. Les pratiques collaboratives donc très présentes, en particulier dans les stands d'e-marketing... Les blogs et autres outils ont de l'avenir dans les entreprises.
Philippe Pinaut, créateur de Blogspirit, a présenté ses offres pour
entreprises (Talkspirit), et l'intérêt de créer des blogs et des réseaux autour des entreprises et de les animer (comme SNCF ou Orcom):
- Mieux entendre les attentes des clients et dialoguer avec eux
- Faire de chaque collaborateur un moteur de l'innovation
- Accroitre la fréquentation et le succès des événements, séminaires, congrès (Tiens mais ça c'est ce que font les zybrides de l'ABF, y a pas de recrutements en vue ?)
- Engager un débat citoyens sur les sujets d'actualités
- Fédérer tous les collaborateurs et les impliquer sur un objectif.
Le Community Manager, recruté pour la mise en place de ces réseaux, a quatre fonctions :"Malgré la récession annoncée, la guerre des talents aura bien lieu et les candidats de demain ne manqueront pas de faire jouer la concurrence pour faire le bon choix. Sur Internet s’appliquent déjà au marché de l’emploi, les principes énoncés par le « cluetrain manifesto », paru en 1999 : « les personnes dans un marché en réseau ont compris qu'elles obtiennent les unes des autres des informations et une assistance bien meilleures, que celle d’un vendeur. Il n'y a pas de secret. Les marchés connectés en savent plus que les entreprises sur leurs propres produits. Et que ce qu'ils découvrent de bon ou de mauvais, ils le répètent à tout le monde »"
- Veille et modération
- Relais d'information dans la communauté
- Reporting et évaluation
- et bien sûr l'animation des réseaux :
- identification et recrutement des membres
- suivi et soutien par une présence en ligne
- création et animation d'autres lieux de dialogue (Facebook, Twitter...) et de temps forts (colloques, rencontres...)
- rassurer, et contenir les conflits
Tous ces mots grossiers sortis du vocabulaire des entreprises, si on les faisaient nôtres, si on se préoccupait de nos lecteurs autant que les entreprises, vous croyez vraiment qu'on y perdrait notre âme ?
Elle s'affaisse soudain
Entre les jambes du matin
Moment de panique
De si bon matin
Quinze femmes seulement six hommes
Sont-ils dans leurs lits ?
Matin visages graves
La journée s'annonce morose
C'est si triste la vie ?
Vite, allez, plus vite
En retard pour le ciné
Métro mou ce soir
L'article sur le prêt illimité mis en place à Albi paru dans le dernier numéro du BBF, bouscule un peu nos habitudes, tant dans sa forme que sur le fond. Si Bibliobsession en fait une bonne analyse, j'ai entendu au congrès des collègues tirer à boulet rouge sur l'expérimentation. Mais c'est peut-être plus sur la forme que sur le fond que la colère s'exprime : il faut dire que les collègues d'Albi n'y sont pas allés de main morte, prônant allègrement la bibliothèque vide ("et si la bibliothèque de lecture publique de demain était une bibliothèque aux rayonnages vides, la majorité de ses collections en libre accès étant chez le lecteur et non plus dans les murs de la bibliothèque ?"). Il y a bien sûr de la provoc dans cette phrase, mais elle peut faire peur et se retourner contre ceux qui souhaitent élargir leur offre. Tout le monde n'a pas aujourd'hui la possibilité d'emprunter 15 documents, et j'ai une pensée pour les bibliothèques qui n'en offrent que 4 ou 5 à leur lecteurs, globalement ou par types de supports ou de collections.
Il est nécessaire d'organiser les prêts en fonction de ses collections, avec un objectif principal, satisfaire le lecteur. Satisfaire celui qui emprunte, de façon à ce qu'il puisse emprunter le nécessaire mais aussi le superflu. Satisfaire aussi celui qui entre dans la bibliothèque et qui a besoin d'avoir sous ses yeux un large éventail de documents. Cela est vrai globalement, cela est vrai aussi dans le détail : il faut avoir dans le règlement les moyens d'empêcher un lecteur de prendre tout un fonds dans un domaine donné (cela peut être par une formule du genre : les bibliothécaires sont habilités à limiter le prêt de certains documents... etc).
Mais le vrai problème n'est pas toujours là où il paraît, cf. le commentaire de Bertrand Calenge sur l'article de Silvère Mercier cité plus haut : "Donc si la bibliothèque potentiellement vide existe, elle n'est pas vide de documents face au flot des emprunteurs, elle est vide de lecteurs - et pleine de documents inadéquats, obsolètes, etc., bref des documents IOUPI !!!"
Ci-dessous en vrac, quelques commentaires, en réponse à certaines réflexions entendues, sur ce qui peut pousser les bibliothèques à augmenter leurs quotas de prêts, ou à les supprimer.
Est-ce une tentative désespérée pour tenter de ne pas perdre des lecteurs ?
- Non. Les prêts chutent et les lecteurs s'éloignent, et cela nous fait simplement prendre conscience que nous ne sommes pas proches de nos lecteurs, que nous ne les avons pas compris, que nous ne les avons pas bien "servis" (je me place bien sûr dans ce nous). Et qu'il faut aujourd'hui mener des actions qui nous rapprochent d'eux, parce que le "service public" auquel nous sommes attachés, c'est les servir, eux, et non pas nous satisfaire, nous.
- Quand on a des collections qui tournent 2 ou 3 fois dans l'année, certains plus, d'autres moins (0,8 fois est courant pour certains domaines), on est mal placé pour critiquer ceux dont les collections tournent tellement que certains documents ne sont jamais sur place. (sur les taux de rotation, voir l'article de Bertrand Calenge)
- Pour un tel lecteur, combien sont repartis parce que les collections ne correspondaient pas à leur attente ? Combien sont repartis frustrés parce qu'ils ne pouvaient pas satisfaire leurs plaisirs superflus parce que leurs quotas de besoins utilitaires était atteint ?
- La moyenne nationale n'ayant jamais atteint 20% on peut se poser la question, surtout quand on jette un oeil au delà des frontières. Devons-nous nous en glorifier ?
- Qui a dit que les livres à grand succès, très demandés, sont les meilleurs et que ceux qui restent, "ceux dont personne n'a voulu", sont inintéressants ? Certainement pas les bibliothécaires, qui ont acheté les deux catégories, et qui sans cesse essaient de promouvoir les ouvrages plus difficiles ! Alors non, ne restent pas en rayon que les livres dont personne n'a voulu. Et puis, si on se mettait à acheter des livres qui plaisent aux lecteurs et pas seulement aux bibliothécaires, parce qu'à force de construire des collections "intellectuellement" très cohérentes et satisfaisantes, on oublie peut-être la raison d'être de nos bibliothèques "publiques". On est bien d'accord, il n'y a pas de mauvais livres dans nos bibliothèques ? Pas de guides obsolètes, pas de livres défraîchis, de littératures inconnues .... Normal, le désherbage a été fait tout aussi consciencieusement que les acquisitions.IOUPI !
- Parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils veulent, qu'ils ne savent pas chercher, ne savent pas réserver ?? Mais quelle bande de gogols on a dans nos bibliothèques !! Et si on arrêtait de les prendre pour des crétins nos lecteurs, si on se mettait à les respecter, peut-être qu'ils finiraient par aimer venir chez nous ? Le problème est qu'aujourd'hui, s'ils désertent nos bibliothèques, c'est aussi parce qu'ils trouvent chez la concurrence tout ce qui leur convient. Je me demande d'ailleurs comment ils font, doués comme ils sont, sans l'aide de bibliothécaires ! Certains disent qu'internet est un "nouveau club pour initiés". Ce que je ne comprend pas, c'est qu'il y a trois ou quatre fois plus d'internautes que de lecteurs en bibliothèques. Où est le club d'initiés ?
- Pour le lecteur, manifestement oui puisqu'il y trouve son compte, ce qui à première vue était l'objectif. Pour le bibliothécaire d'Albi aussi, puisqu'il a la satisfaction d'avoir "servi" à quelque chose. Quand aux autres bibliothécaires, c'est un peu différent pour eux : quand on a mis des années à constituer des collections savamment mises en scènes pour une rencontre tellement fortuite entre le livre et le lecteur qu'elle en est très aléatoire, il est normal de s'inquiéter. Une statistiques intéressante est celle du taux de non renouvellement des adhésions. J'ai connu une grande métropole de province il y a quelques temps, où plus de la moitié des lecteurs ne se réinscrivaient pas d'une année sur l'autre. Édifiant sur la qualité de l'offre de ces collections "savamment mises en scène" !
Peut-être faut-il simplement raison garder, et si un prêt illimité dépasse cette raison, 5 documents dans une grande bibliothèque est tout autant déraisonnable. Alors mettons-nous sereinement autour d'une table pour trouver le juste milieu qui satisfasse tant le lecteur que le bibliothécaire.
Eux parlent étranger
Moi handicapé hélas
Cette terre m'échappe
C'est pas fréquent qu'il y ait de la musique dans le Petit Cabanon. Alors pour changer un peu, petit détour par le Festival des Puces (de St-Ouen), où j'ai été faire un tour dimanche après-midi histoire de se changer les idées après mon premier congrès ABF. Temps magnifique, ambiance super, et le jazz dans les cafés.
Café surchauffé et plein pour du jazz manouche à La Choppe des Puces, avec la surprise agréable de voir débarquer Didier Lockwood qui sort son violon et accompagne les deux guitaristes.
Puis Gwénolé Cahue (18 ans) au café Paul Bert.
Et pour terminer au Picolo (bar - théâtre à fréquenter), le concours Jeunes Talents, époustouflant de voir la virtuosité de ces jeunes.
Prix Jeunes Talents, Héloïse Lefèvre (18 ans) et son trio Elbasan
Prix de l'encouragement Swan Berger, 11 ans !
Que du bonheur ! Et pouvoir les retrouver librement sur le net aussi.