4 posts tagged “web2.0”
Je ne sais pas vraiment comment prendre le commentaire de Trans en réponse à mon post qui incitait à Bloguer. S'il commence par être d'accord avec moi, la suite l'est moins et ressemble à une critique personnelle, mais aussi collective envers les blogueurs comme celle de Dominique Arot dans un éditorial devenu célèbre de la revue de l'ABF, qui parlait du "confort d'un blog personnel" (je pense personnellement que le "NOUS" de l'association est bien plus confortable que le "JE" des blogueurs) et avait suscité des commentaires ici ou ici. Trans y participait déjà, et son long commentaire chez notre ami KotKot était intéressant et méritait sans doute réponse et débat autour de notre pratique, mais je viens seulement de le découvrir (moi non plus je ne suis pas expert en ces pratiques et ne m'abonne pas aux fils des commentaires, ce qui est un tort). On peut lire un autre commentaire ici.
Mais sa réponse à mon article est un peu plus virulente voire agressive. D'où ces quelques précisions.
Pour le côté personnel : bibliothécaire depuis 27 ans (employé de bibliothèque, sous-bibliothécaire, bibliothécaire, conservateur), que ce soit en banlieue parisienne, dans la France profonde ou dans les DOM (et quelques autres bricoles en france et à l'étranger), je crois que je connais assez bien le "cambouis" dont tu parles (le profil sur le blog te donnais quelques indications). Il y a quelques temps sur biblio.fr certains disaient que seuls les bibliothécaires avaient le droit de parler des bibliothèques. Aujourd'hui certains estiment être les seuls bibliothécaires à avoir les mains dans le cambouis (prétentieux !) et pouvoir parler (tout en gardant l'anonymat bien sûr - l'anonymat n'est pas une obligation, je suis personnellement contre, et comme moi tu peux donner ton nom).
Bien entendu mon parcours ne m'autorise pas à parler au nom de la profession. Uniquement en mon nom. Mais j'ai bien le droit de dire ce que je pense bon sang, et de l'affirmer, et de mettre cette expérience au service de mes collègues (et du mien tu vas dire, médisant que tu es) en donnant un avis sur la profession qui est le mien et que je partage. Il ne manquerait plus ça que je ne puisse pas le faire ! Et si mon discours intéresse certains tant mieux, on peut en discuter, comparer, inventer, refaire le monde. Chacun y trouve son compte.
Si ce que je raconte est sans intérêt (pour toi), passe ton chemin. Mais surtout écris de ton côté ce que tu penses être bon pour tes collègues, puisque tu ne trouves pas ton compte chez nous. Nous ne faisons rien de mal, nous ne dépensons pas l'argent public, juste notre temps, à l'image de l'importance que nous accordons aux web 2.0. Mais cela, seule ma femme pourrait m'en faire le reproche.
Nous ne devons pas avoir la même vision de l'importance du web aujourd'hui dans notre société et notre profession. Comme le disait une collègue ici, "c'est une mode", "ça passera". On est nombreux à ne pas être d'accord avec cela : le web 2.0 modifie très fortement la société aujourd'hui et de grands enjeux économiques et politiques internationaux tournent autour de cela, l'économie de la culture et la création en sont très fortement marqués. Et l'on devrait faire comme si de rien n'était ? Continuer notre petit bonhomme de chemin pépère, tranquille Basile, en se demandant juste s'il faut une boîte de retour ou non ? Mais c'est vrai aussi qu'il faut s'immerger, on ne peut pas vraiment regarder de loin ce qui se passe, et ton intervention à la mérite de noyus inciter à faire attention : effectivement, on prêche à des convaincus, oubliant parfois que notre parole s'adresse aussi, pour ne pas dire surtout, à des collègues que l'on doit convaincre.
Mais pourquoi ces rancoeurs te faisant dire qu'on ne s'intéresserait pas aux petites et moyennes bibliothèques ? Bon nombre de grands blogueurs devant l'Eternel sont dans des structures moyennes, 30 000 h par exemple. D'autres en BDP et vivent au quotidien les problèmes des petites structures. Ce ne sont pas les plus grandes bibliothèques qui innovent en ce domaine : bon nombre de villes moyennes sont en avance, et de toutes petites (Puyloubier par exemple) utilisent avec intelligence les ressources du web 2.0 pour palier leur manque de moyens. Je suis même sûr que les petites communes ont le plus à gagner avec les outils et les nouveaux usages que le web nous enseigne (d'où l'importance certainement grandissante des BDP en terme de portail et de web local). Nous enseigne, oui ! On apprend tous, tous les jours un peu plus, moi en particulier qui suis toujours étonné de la richesse que je trouve chez mes jeunes collègues blogueurs, dont beaucoup pourraient être mes enfants. Je ne suis pas sûr d'avoir eu une réflexion aussi poussée sur mon métier à leur âge. Mais on est entre adultes, si on ne veut plus aller à l'école du web, c'est pas un problème, on a le droit. Faut juste ne pas empêcher les autres de le faire. Va voir sur Touti frouti ces blogs de bibliothèques qui montrent une réalité certaine (tu peux aller voir aussi la page de conseils, ils sont bien utiles).
Tu dis : "Quid de ceux qui sont aussi des
"directeurs", mais proches du terrain ?" Tu sous-entends donc que je ne suis pas un directeur proche du terrain ? T'es gonflé, mec ! Qu'est-ce qui te fait croire cela ? Qu'est-ce qui te permet cette remarque ? Le blog, c'est vrai, c'est un peu le café du commerce, on réinvente un monde idéal. La différence avec les piliers de comptoir, c'est qu'on est nombreux à penser la même chose, à le dire, à le défendre, à militer pour, à s'organiser pour, comme pour cette réflexion autour d'un laboratoire de pratiques, en partenariat avec une association. Avec comme seule prétention ne pas se laisser mater par le web. L'accompagner pour essayer de surnager, professionnellement et individuellement. Tu peux imaginer mater le web en l'ignorant et en faisant comme s'il ne nous transformait pas, tu en as le droit, c'est respectable, mais je pense que tu as tort. Tu n'y arriveras pas. Les grandes multinationales se battent à coup de milliards de dollars et tu penses pouvoir agir simplement en ne prenant pas part à la bataille ? C'est perdu d'avance, ça n'est qu'en ne te laissant pas submerger que tu pourras continuer à survivre.
Tu voudrais un débat unique, avec la bonne parole à la clef. Tu n'auras rien de tout cela. Tu as des blogueurs devant toi, des humains tous différents, avec chacun une parole qu'il défend. Ce qui fait leur force, c'est la communauté. Pas une communauté fictive, une communauté construite par l'échange et le débat. Une communauté mouvante, qui évolue au fil des échanges et des nouvelles participations. Tu fais partie de la famille des bibliothécaires ? Mais on ne choisit pas sa famille. Moi j'ai des amis blogueurs, je les choisis, j'ai beaucoup à partager avec eux (dans le virtuel et dans le réel). Mais toi tu dois bosser ausssi, ne crois pas qu'on va faire le boulot à ta place ! Tu dois réunir ces petits bouts épars de débat pour les mettre en relation. Tu crois que le débat est limité ? Que nenni ! Dans une association oui, il faut que l'on tombe tous d'accord, et si l'assos' dis ça comme ça c'est qu'il y a consensus, la majorité a raison, donc c'est la vérité... Mais chez les blogueurs non. Le débat est permanent (y a pas quelqu'un qui a dit un truc comme ça déjà?). Beaucoup vont dans le même sens mais par des chemins différents, et tu peux un jour acccompagner l'un parce qu'un élément de sa pensée te convient, et le lendemain venir faire un tour dans mon petit cabanon parce que le pastis te semble meilleur ce jour-là. Tu as le choix. Et comme tu participes au débat, celui-ci n'a de limite que ta propre pensée et ta propre volonté de débattre.
Merci simplement d'utiliser un ton un peu moins agressif et de dépassionner le débat, le dépersonnaliser. Pourquoi remettre en cause la légitimité de celui à qui tu t'adresses ? Surtout quand la lecture de quelques articles te donne une idée bien plus précise de sa personne qu'un simple CV (c'est curieux de vouloir juger sur une fonction, un parcours, plutôt que sur des écrits qui sont bien plus parlants). Je ne suis pas donneur de leçons, tu fais ce que tu veux avec ce que je dis. Je pense pour moi, mais je revendique le droit de transmettre ce que je pense à ceux qui veulent bien l'entendre.
Pourquoi cette hargne contre les blogueurs, j'ai du mal à comprendre. Pourquoi parler de "branlette 2.0" ? Pourquoi ce que tu acceptes d'un livre édité (parce qu'il est payant, il a de la valeur ?),
tu le refuses d'un blog (parce qu'il est gratuit, donc ne vaut rien ?). L'un est validé par
des instances supérieures professionnelles ou économiques, l'autre par une communauté de pensée. Y en
a-t-il un de plus légitime ? Tu n'as pas dû aimer mon précédent post sur les politiques territoriales, mais je t'incite à lire les livres que je cite, ils sont écrits par des personnalités reconnus nationalement (et internationalement) et te disent pourquoi il faut s'immerger dans le web 2.0.
J'ai passé un peu de temps pour te répondre, parce que je crois que beaucoup pensent comme toi et ne le disent pas, ne l'écrivent pas en tout cas. Et cette notion de "légitimité" à laquelle tu es attaché, c'est la même que celle qui amène à se détourner de site comme Wikipédia, dont les auteurs inconnus ne sont pas "légitimés" non plus.
Ce mot lâché, "technocrate", qui sonne comme une insulte, opposé aux "vrais bibliothécaires" je suppose, ceux qui ont les mains dans le cambouis !
Mais c'est quoi Coco le cambouis, aujourd'hui, dans notre profession ?
Cette autre insulte, "pontifes-penseurs" !
Et ce repli communautariste contre lequel il faut lutter (lis les pages sur la diversité culturelle dans le bouquin de Le Glatin). Notre avenir est probablement de ne pas rester pas entre bibliothécaires, de nous ouvrir à de nombreuses autres fonctions dévolues traditionnellement à d'autres métiers... et les blogueurs ne sont pas près de se taire.
Dernière minute : au moment de mettre en ligne, un article de Dominique Lahary amène un commentaire qui est bordée d'insultes. Apparemment ceux qui prônent l'ouverture du débat utilisent des méthodes assez "musclées" qui ne sont généralement pas de mise dans ce que l'on appelle traditionnellement "débat". Il semble que ce soit un prix à payer pour cette parole libérée sur le net.
Les observateurs de la révolution que nous vivons aujourd'hui le disent bien, les internautes auront besoin de médiateurs pour accéder à l'information recherchée sur le net... Joël de Rosnay l'exprime bien dans La révolte du pronétariat : des mass média aux média des masses :
"Le besoin de nouveaux médiateurs humains, capables d'aider l'utilisateur à faire le tri, à évaluer, à hiérarchiser, à valider, à organiser l'information, va se faire sentir de façon croissante. Une classe d'intermédiaires (des "infomédiaires") est en train de se constituer : ni journaliste, ni personnes de pouvoir, ils contribueront demain à façonner l'opinion publique en étant identifiés par les utilisateurs comme étant des référents." (p.85).
Le rêve du bibliothécaire, non ?
Tout ça parce que...
L'information est difficilement accessible.
L'information est trop abondante.
L'information se renouvelle sans cesse.
L'information n'est pas toujours fiable.
En allant farfouiller dans les archives de KotKot (je n'ai pas retrouvé le lien exact), j'ai trouvé un vieux (2005 ) texte de Bernard Corbineau Intelligence territoriale et société en réseau - Les médiathèques de proximité, portails de la connaissance, issu des 4èmes journées TIC et Territoires. Il est indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à ce sujet de la place des bibliothèques dans les politiques territoriales. On y trouve un bon argumentaire pour aider nos collectivités à se lancer dans une démarche "d'intelligence territoriale" et pour donner aux médiathèques la place qu'elles ont la capacité de prendre (sans toujours len avoir conscience).
"Dans certains pays, les médiathèques jouent un rôle important du fait même des décideurs territoriaux qui les incluent dans leur stratégie. En France, elles jouent un rôle encore marginal dans les politiques d'intelligence territoriales... Le territoire intelligent est tributaire des moyens d'accès à la société en réseau, à l'information et la connaissance... Les politiques d'usages sont encore confinées à des espaces spécialisées en TIC de type Espace Public Numérique (EPN)... La question de l'accès à la connaissance, c'est-à-dire la capacité de formuler sa demande et de trouver la réponse, doit y être développée. Or c'est là depuis plus d'un siècle la fonction principale des bibliothèques ouvertes au public, dont les bibliothèques territoriales, veritables portails de la connaissance."
Corbineau le dit, elles ont des atouts essentiels : "lieux de confiance, expertise d'interfaçage de l'information et de la connaissance avec les acteurs territoriaux, large public, grande et extensible capacité d'ouverture en terme de plages horaires. Elles ne jouent pourtant qu'en partie leur fonction sociale de portail de la connaissance..." Et encore : "leur fonction sociale d'interface, de portail pourrait leur donner une place de choix dans la question primordiale de l'accès à l'information et à la connaissance." (qui disait que seuls les bibliothécaires pouvaient parler des bibliothèques ?)
Mais l'on se heurte à un double problème :
- les collectivités n'ont pas toujours conscience de ce que représente aujoud'hui le web dans sa dimenson 2.0, et donc du rôle possible des bibliothèques.
- les bibliothécaires eux-mêmes ne sont pas franchement convaincus de leur rôle en ce domaine, accrochés qu'ils sont à la forme "livre" et à leur rôle de prescriteur de la Culture avec un grand C, ce que n'a pas l'air d'être internet pour eux.
Internet dans les bibliothèques est aujourd'hui essentiellement un moyen pour attirer du monde vers le livre et pour ne pas avoir une image trop ringarde. Et si des ateliers ont lieu dans les EPN et autres cyber-espaces, il s'agit d'apprendre à utiliser des outils et non pas "à faire le tri, à évaluer, à hiérarchiser, à valider, à organiser l'information" comme le disait Joël de Rosnay: ça, personne ne le fait encore pour le "grand public" de nos bibliothèques. Si les postes Internet commencent à se développer dans nos équipements, ils le sont encore en très petite quantité, comme un plus obligé, mais pas comme un élément fondamental de notre politique et de cette "démocratisation" de la culture et des connaissances à laquelle nous sommes pourtant attachés.
L'enjeu n'est pas en terme d'équipement mais en terme d'usage, et Marc Le Glatin dans "Internet, un séisme dans la culture", ed. de l'Attribut, 2007, le dit aussi dans un livre plus politique :
"Et si l'augmentation des prix d'abonnement [des FAI qui, selon Le Glatin, devraient prendre plus de poids dans l'économie de la culture] risque d'accentuer la fracture numérique, des mesures de crédit d'impôt en faveur des plus démunis, ainsi que l'équipement de lieux publics d'accès à Internet (médiathèques, centres de formation et de diffusion culturelle, points d'information jeunesse, centre sociaux,...) dans lesquels seraient affectés des formateurs, constituent des postes de réponses." (p. 140)
Tout comme le disent Christian Paul (au nom de la très officielle Association des Régions de France) et la FING dans un autre ouvrage essentiel, Le défi numérique des territoire : réinventer l'action publique, paru en 2007 aux éditions Autrement :
"Développer l'accès et la formation aux TIC est une condition nécessaire, mais nullement suffisante. La question qui compte est celle des capacités dont disposent les individus pour exprimer leur potentiel, vivre leur vie, participer à la vie sociale - ce que les anglophones expriment par le mot empowerment... les TIC sont avant tout des outils à mettre au service des politiques sociales en général... développer des formes de médiation de proximité (maisons de services publics, écrivains publics Internet...)... appui à la constitution et à l'animation de communautés en ligne." (p.64 - 65) [MAJ: à 15 jours d'intervalle la même citation, désolé, d'autant que le livre est suffisamment riche pour en tirer de nombreuses autres]
Et pour terminer :
"Animateurs et médiateurs forment une armée d'interprètes de la condition de citoyen et d'habitant, ils sont dans les associations, dans les centres sociaux, dans les espaces publics numériques, dans les mairies et les administrations locales. Il faut pérenniser ces fonctions, les mailler davantage entre elles et les intégrer plus fortement au sein des politiques publiques et erritoriels." (p. 108)
Le drame est joué ! Comme le dit Corbineau cité plus haut, les bibliothèques - médiathèques "ont un rôle marginal" dès qu'il s'agit de "territoire intelligent". Et nous bibliothécaires avons peut-être tout fait pour que l'on nous oublie, satisfait que nous étions dans notre petit coin à réclamer notre indépendance par rapport aux "politiques" que sont nos élus, comme si cela était un gros mot. On aurait pourtant aimé lire : "Animateurs et médiateurs forment une armée d'interprètes de la condition de citoyen et d'habitant, ils sont dans les bibliothèques et médiathèques de toutes les villes, grandes ou petites. Leur personnel est pérenne, c'est celui des collectivités territoriales. Bibliothèques municipales ou Bibliothèques Départementales de Prêt, il faut les mailler davantage, entre elles et avec les autres partenaires sociaux, et surtout les intégrer plus fortement au sein des politiques publiques et territoriales."
de la nostalgie de la révolution prolétarienne à la réalité de la révolution pronétarienne (en écrivant cet article, une émission à la télé, et cette évocation de ce qu’a été, entre autre, Mai 68... prétexte à ce titre)
En ces périodes de commémoration, je voudrais juste faire un parallèle entre les évènements d’il y a 40 ans et ce que nous vivons aujourd’hui. Dans notre petite biblioblogosphère, on a tendance à être du côté de Joël de Rosnay quand il parle de révolution ou de Marc Le Glatin quand il parle de séisme dans la culture. Comme les étudiants et quelques autres avaient conscience de participer à une véritable révolution, culturelle et sociale, à défaut d’être politique. Mais tout le monde n’est pas d’accord avec nous, et je ne suis pas sûr qu’on en ait toujours conscience, persuadés que nous sommes de détenir la vérité.
Comme on me l‘a dit récemment, « c’est une mode, ça passera ».
Je vois ce genre d’idées très souvent autour de moi, venant d’amis et de relations, très compétents dans leurs domaines, mais sont hermétiques à ce qui se passe, et ignorent tout du web 2.0. Que ce soient des collègues, des administratifs, des directeurs d’équipements sociaux, des artistes,… ils n’y entendent rien ! Ils ne connaissent pas les outils, ignorent les usages que l’on peut en faire, les réseaux ça ne leur parle pas, le libre fait du tort à ce qu'on dit, le téléchargement n'en parlons pas... Et ce sont des gens qui utilisent internet, culturellement et socialement plutôt bien placés.
Où se situe la fracture numérique ? J’aurais tendance à croire qu’elle est ici, entre ceux qui investissent les réseaux et les outils collaboratifs, ceux qui mettent en œuvre cette intelligence collective qui pour nous est bénéfique à la société, et ceux qui utilisent passivement, par habitude, ce qu‘on leur donne. Ceux qui participent et ceux qui regardent. En 68 ils auraient regardé les événements à la télé, et certains auraient certainement descendu les Champs.
Qui a raison ? Nous ? La naïveté du pronétaire militant porterait à le croire. Eux ? Ils en sont persuadés aussi. Bien entendu il faut être plus nuancé et dans le cas présent ne pas oublier qu’il y a un « après ». Et si 68 était une révolution nécessaire et particulièrement bénéfique sur certains points, l’après 68 a peut-être entrainé quelques dérives. Que sera l’après web 2.0 ? A nous d’essayer de nous garder de ces dérives attendues, la principale touchant certainement la question de l’identité numérique. Nous devons en avoir conscience et rester lucides. Mais c’est une bonne chose de participer à ce mouvement et d’apporter notre pierre à l’édifice.
Cela ne sert à rien de dire « c’est une mode, ça passera ». 68 est passé bien entendu, mais pour notre bien à tous il a existé. Le web 2.0 passera aussi, mais l’évolution sociale et culturelle qu’il apporte va modifier nos comportements pour longtemps.
Et les bibliothèques dans tout ça ? Aider à comprendre, à participer, à s’engager. Pourquoi nous ? Service public pour une cause d’intérêt public. Connaissances liées au métier. Médiateurs. Notre travail est probablement aujourd'hui de limiter cette fracture numérique liée à la méconnaissance du web 2.0 et de ce qu'il implique. A nous de nous transformer en pèlerins et de prêcher la bonne parole autour de nous, en incluant cette "formation" dans la vie quotidienne de ceux avec lesquels nous travaillons, collègues, partenaires, autres services de la collectivités,...
Je ne sais plus qui nous avais indiqué cette enquête de Frédéric de Villamil sur les flux rss. Les résultats ont été publiés le 26 octobre. Je fais donc partie des 3% de plus de 45 ans qui utilisent les flux. Les 35-45 ans ne sont pas beaucoup mieux lotis avec 16%. Les plus vieux utilisateurs ont 52 ans.Tiens mon âge ! je fais donc un peu dinosaure dans l'histoire, dur, dur.
Et si notre problème à nous, cadres et responsables de BM, n'était pas la surcharge de travail, comme on le dit souvent (toujours), mais simplement l'âge ? Les BM seraient-elles un peu (beaucoup) vieillissantes ?.. d'où les réticences à entrer dans ce monde du web 2.0 qui perturbe tant nos habitudes (parce que si sur les blogs on y est très ouvert, la réalité sur le terrain n'est pas tout à fait la même).